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Editorial du 28 octobre 2007 Motu Proprio de Benoît XVI sur la liturgie
Le 7 juillet dernier, le Saint Père a publié un Motu Proprio (document législatif élaboré par le Pape de son propre chef, et non pour répondre à une question), entré en vigueur le 14 septembre dernier, sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Cette lettre a donné lieu à de longues discussions au cours de son élaboration et était attendue avec espoir ou crainte depuis de nombreux mois. Quel est le contenu de ce fameux Motu Proprio Summorum Pontificum ? Ce texte tend à nous réconcilier avec notre passé liturgique récent et à effacer un esprit de rupture entre la liturgie d'avant le Concile et la liturgie d'après le Concile. En effet, le Pape, qui n'a jamais caché son intérêt pour la liturgie, affirme dans ce document qu'il n'y a qu'un unique rite romain et non deux rites (l'ancien, dit de Saint Pie V, et le nouveau dit de Paul VI). Mais cet «unique rite romain» peut connaître deux formes d'expression: l'une « ordinaire » selon le missel édité par Paul VI et l'autre « extraordinaire » selon le missel romain révisé par Saint Pie V et réédité par le Bienheureux Jean XXIII. Le Motu Proprio précise que ce dernier missel n'a jamais été abrogé et qu'il doit même «être honoré en raison de son usage vénérable et antique», mettant à l'honneur la dignité de notre patrimoine liturgique qui a nourri tant de générations. Que prévoit ce texte précisément ? Tout prêtre catholique de rite romain peut célébrer en privé la messe selon le missel de 1962 ou le missel de 1970 sans qu'il soit besoin d'une autorisation spéciale. Les fidèles peuvent assister indifféremment à la messe célébrée selon l'une ou l'autre forme du rite romain. Et dans la paroisse ? Si des fidèles attachés durablement à la liturgie antérieure demandent au curé de célébrer la messe selon le missel de 1962, le Souverain Pontife lui demande «d'accueillir volontiers leur demande ». Dans notre diocèse, Mgr Rey a créé une Commission liturgique chargée de mettre en application le nouveau texte: «cette commission mettra à la disposition des paroisses et des prêtres toutes les informations nécessaires relatives au Motu Proprio. Elle apportera son aide et son conseil auprès des communautés et pourra arbitrer, le cas échéant, les contentieux qui pourraient naître ». A Toulon, la paroisse personnelle Saint-François-de-Paule (au bas du Cours Lafayette) célèbre déjà la liturgie selon le «rite extraordinaire». Comment comprendre ce texte ? Tout d'abord, le Saint Père explique que cette «libéralisation» de la messe tridentine ne doit pas faire craindre un changement de la pratique liturgique mais permet au contraire que « les deux Formes d'usage du Rite Romain [puissent] s'enrichir réciproquement ». En effet, « l'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste». D'autre part, comme le souligne notre évêque, ce texte est une «chance pour la communion» : le texte signe « la volonté de Benoît XVI d'une réconciliation au sein de l'Eglise » (pour laquelle nous devons prier)). Ainsi, «ce Motu Proprio s'inscrit dans la volonté d'établir une vraie communion avec les chrétiens attachés à la liturgie ancienne qui doivent trouver leur place dans l'Eglise conciliaire. Mais ce Motu Proprio n'a pas seulement pour but de résoudre une crise schismatique. Il entend répondre à des aspirations légitimes de mettre en valeur la richesse de la messe tridentine, qui fait partie du patrimoine liturgique de l'Église ».
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